Une semaine de 4 jours pour privilégier le bien-être au travail chez LDLC

Bien-être au travail : le groupe LDLC mise sur la semaine de 4 jours

Sommaire de l'article

La nouvelle a fait beaucoup de bruit sur la toile ces derniers jours. Laurent de la Clergerie, directeur général du groupe LDLC, souhaite la semaine de 4 jours pour ses salariés.

La finalité d’une telle réorganisation du travail pour le n°1 de LDLC est le bien-être au travail de ses employés. Moins d’heures travaillées mais des heures plus efficaces, plus de temps libre pour couper avec l’occupation professionnelle… Dans un post public publié sur LinkedIn, Laurent de la Clergerie aborde toutes ses motivations. Une vision managériale qui vient appuyer certains éléments de l’article que nous avions consacré à l’avenir du télétravail.

Que nous soyons d’accord ou non, le sujet a le mérite de questionner notre rapport au travail. Il invite par-dessus tout à réfléchir à la notion d’équilibre entre investissement et capacité à faire confiance.

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Moins d’heures travaillées, plus de productivité

C’est sur une expérience menée dans l’entreprise Microsoft au Japon que Laurent de la Clergerie s’est basé. Les dirigeants de l’entreprise internationale ont testé la semaine des 4 jours sur le mois d’août 2019 dernier. Les chiffres parlent d’eux-mêmes ! Une productivité qui s’envole à 40% de plus par rapport à des semaines classiques de 5 jours.

Même si l’histoire ne donne pas tous les détails pour expliquer l’augmentation de cette productivité, le phénomène de croissance peut s’expliquer. Le dirigeant de LDLC le développe même dans son argumentaire. « Est-ce qu’au travail, on est aussi efficace sur 5 jours de suite que sur 4 […] ? ». Pour lui, rien de sûr, surtout si nous considérons l’efficacité globale d’un vendredi après-midi à l’approche du week-end, par exemple.

Dès lors, la productivité pourrait ne pas être liée à la quantité d’heures imposées par les entreprises. Au contraire, une concentration d’heures plus restreinte entraînerait une meilleure efficacité des salariés. En laissant davantage de temps libre, la disponibilité et l’efficacité des salariés sur le temps de travail seraient meilleures. Sur le principe, cela semble probant. C’est en tout cas ce que compte tenter Laurent de la Clergerie en mettant en place un système de 32h travaillées sur 4 jours par semaine.

La vie personnelle et le travail sont étroitement liés

Nous pouvons facilement comprendre que la vie personnelle et le travail sont étroitement liés. Vous avez vous-même dû en faire l’expérience. Une journée trop « longue » au travail a un impact sur votre vie privée. À l’inverse, des tracas personnels peuvent venir jouer sur l’impression que vous vous faites de votre efficacité au travail.

Un travail prenant entraîne forcément une dépense d’énergies qui impacte le salarié. Cette fatigue peut s’avérer positive si le travailleur peut se donner les moyens de « couper » et de récupérer. En offrant un jour supplémentaire de repos, Laurent de la Clergerie espère bien que ses employés en tireront tous les bénéfices.

Plus de temps pour soi, pour des tâches parfois difficilement réalisables le week-end. « Est-ce que si on avait un jour pour faire tout ce qu’on fait le WE ou le soir après le boulot […] On ne pourrait pas mieux profiter du WE à 100% pour VIVRE […] ? ». Au-delà des missions qui incombent chacun dans sa vie d’adulte, le dirigeant de LDLC met l’accent sur la pause. Mais à quel type de pause fait-il référence ?

S’éloigner un jour de plus des considérations et des responsabilités professionnelles pourrait influencer le bien-être au travail. En faisant moins, en réduisant le rythme professionnel étalé sur 5 jours, le salarié se sentirait mieux. Le travail, c’est une chose, savoir lui donner du sens quand on s’y adonne, c’en est une autre. Et pour mieux l’appréhender, encore faut-il pouvoir ne pas y penser quand on n’y est pas.

Le travail donne un titre et des compétences, mais il ne peut rien remplacer de ce que nous sommes vraiment. Ainsi, la répartition du travail sur une semaine de 4 jours offrirait peut-être un meilleur équilibre entre personnel et professionnel. Prendre le temps de ne pas y être est sûrement le meilleur moyen de s’y sentir bien quand nous y sommes.

La confiance et la responsabilisation des salariés avant tout

Comment réduire le temps de travail et gagner en efficacité ? Accorder plus de confiance et favoriser la responsabilisation des salariés sont deux réponses.

Nous avons déjà abordé le management très français pour qui le contrôle représente aujourd’hui l’essentiel de l’activité. Aussi les trop nombreuses réunions qui en découlent. Ce sont deux sujets sur lesquels Laurent de la Clergerie a mis l’accent avant d’en arriver à cette semaine de 4 jours.

« Réduction de l’échelle hiérarchique, avec un but non caché de développer de plus en plus la confiance, l’autonomie et la responsabilisation de chacun ». Cette phrase est un bon argument pour justifier la possibilité de mettre en place la semaine de 4 jours. Un salarié qui a la confiance de son manager est un salarié plus libre de s’investir. Il est naturel de penser que la confiance et l’autonomie ne peuvent que rendre meilleure l’efficacité du travail. La diminution du contrôle et la responsabilisation du salarié sont deux actions bénéfiques sur le temps et le coût pour une entreprise. Le manager de perdre moins de temps dans le contrôle et de le réinvestir dans de l’écoute et de l’animation. Le salarié d’être moins interrompu dans ses tâches et d’être plus force de proposition dans l’optimisation de ses missions.

Sur la base de ce fonctionnement, le temps gagné à l’échelle d’une journée doit pouvoir se mesurer. Le résultat prouverait certainement que la suppression d’un jour travaillé par semaine est possible, toute déduction faite du temps néfaste et « gaspillé ».

La reconnaissance est le cœur de l’économie d’une entreprise

Pour Laurent de la Clergerie, la semaine de 4 jours est une étape supérieure du mouvement déjà bien imprégné au sein du groupe LDLC. En effet, cela fait maintenant 2 ans que des actions se mettent consécutivement en place en interne. « 2 ans plus tard début 2018, je suis donc revenu vers nos équipes en faisant une sorte de Mea Culpa. Je leur ai expliqué qu’il fallait oublier cet objectif et que dorénavant notre objectif serait le bien-être au travail ».

C’est alors que le dirigeant d’entreprise a veillé à ce que ses employés travaillent dans les meilleures conditions possibles. Salles récréatives (pétanque, pingpong…), le droit à l’erreur, des coachs internes pour accompagner les mutations et transformations de l’entreprise… Toutes ces mises en place ont eu un effet bien précis et escompté sur les salariés : leur reconnaissance.

Parce que oui, il ne s’agit pas de faire une étude des plus poussées pour se douter que la reconnaissance du salarié participe de son bien-être au travail. C’est même le cœur de l’économie d’une entreprise. Il ne suffit pas seulement de faire moins travailler un salarié pour qu’il trouve un équilibre et une satisfaction dans son métier. Bien sûr, ce serait trop simple. Non, c’est plutôt un effort sur la durée, un comportement de dirigeant à adopter au quotidien.

La responsabilisation, l’autonomie et la confiance sont encore une fois 3 points clés qui s’acquièrent avec le temps. Le cadre et les conditions de travail, quant à eux, viennent parfaire la santé de l’entreprise. Laurent de la Clergerie a managé par étapes pour en arriver là. C’est donc tout naturellement que la semaine de 4 jours pourra se tester à l’horizon 2021 pour le groupe LDLC.

La semaine de 4 jours de Laurent de la Clergerie est un post ouvert au public, à lire ici.

Article de Kévin Maudet
ECRIT PAR
Kévin Maudet
Expert ABACUS

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